Pendant des décennies, l’idée de robots intégrés à la vie quotidienne a semblé lointaine, reléguée au rang de science-fiction. Mais le ton a radicalement changé au CES 2026 : les robots ne viennent pas, ils sont déjà là. Ce n’était pas seulement une autre année de démos flashy ; pour la première fois, la technologie, l’investissement et l’intention sérieuse s’alignent pour suggérer qu’un changement fondamental est en cours.
La révolution de l’IA alimente la robotique physique
La clé n’est pas seulement un meilleur matériel, mais la convergence de l’intelligence artificielle avec le monde physique. Jusqu’à récemment, la création de robots dotés d’un véritable « cerveau » constituait un goulot d’étranglement. Désormais, les algorithmes d’IA qui pilotent les modèles de langage sont appliqués à la robotique, ouvrant ainsi la voie à des capacités auparavant inimaginables. Comme le dit le révérend Lebaredian de Nvidia : « Nous rêvons d’avoir des robots partout depuis des décennies… Cela fait partie de la science-fiction depuis aussi longtemps que nous nous en souvenions. »
Il ne s’agit pas de fantasmes futuristes ; il s’agit d’applications pratiques. L’accent initial est mis sur l’automatisation des tâches ennuyeuses, dangereuses ou sales – des tâches que les humains évitent. Les entreprises déploient activement des robots dans les usines, comblant les pénuries de main-d’œuvre tout en améliorant l’efficacité. Il ne s’agit pas d’un changement théorique : le marché des robots humanoïdes commerciaux a augmenté de 508 % sur un an en 2025, atteignant 440 millions de dollars de revenus, selon IDC.
Du prototype à la production : l’industrie prend forme
Le tournant était visible au CES. Hyundai a présenté la version de production finale de l’humanoïde Atlas de Boston Dynamics, tandis que Nvidia et Qualcomm ont redoublé d’efforts sur les plates-formes « d’IA physique ». L’enthousiasme ne concernait pas seulement ce qui pouvait être construit ; il s’agissait de ce qui était en train d’être construit.
Humanoid, une start-up britannique, a présenté son robot HMND 01, capable de trier avec précision des pièces automobiles. Le robot a été construit en seulement sept mois, grâce à l’afflux de talents et d’investissements en IA. Avec 25 000 précommandes et des projets pilotes avec des entreprises Fortune 500, ce n’est pas un gadget ; c’est une entreprise qui décolle.
Le débat sur la forme : pourquoi les humanoïdes ?
Certains critiques remettent en question l’importance accordée aux robots humanoïdes, arguant qu’ils reproduisent les limites humaines. Lebaredian de Nvidia n’est pas d’accord : notre monde est conçu pour une interaction à l’échelle humaine, ce qui rend les humanoïdes idéaux pour les tâches générales. La flexibilité d’une forme humanoïde lui permet de s’adapter aux environnements construits pour les humains.
La première vague de robots ne sera pas dans les maisons ; ils se trouveront dans des usines et des entrepôts, où la sécurité pourra être soigneusement gérée. Le PDG de Boston Dynamics, Robert Playter, met en garde contre l’introduction précipitée de robots dans les maisons, soulignant que le premier cas d’utilisation réel sera probablement celui des soins aux personnes âgées, où les enjeux sont élevés. L’objectif à long terme est une production de masse et un prix abordable, rendant les robots accessibles au-delà du cadre industriel.
L’avenir est automatisé, mais pas immédiatement dans votre salon
Le battage médiatique autour des robots au CES était indéniable. Mais cela s’appuie sur de réels investissements et des progrès rapides. Le passage d’un « problème scientifique de découverte » à un « problème d’ingénierie » signifie que les obstacles techniques sont en train d’être levés. Des entreprises comme Nvidia voient cela comme un moment décisif : « C’est parce que, fondamentalement, les experts… croient désormais que, techniquement, tout est possible. »
Le calendrier des robots grand public reste incertain. Boston Dynamics envisage un avenir dans lequel les robots contribueraient aux soins aux personnes âgées, pour un coût potentiel de 20 000 dollars par an. Les robots compagnons, comme le labrador robotique de Tombot, font déjà leur entrée sur le marché. La tendance est claire : les robots sont là, et ils sont prêts à remodeler notre monde, une tâche automatisée à la fois.
































